Paroles de signataires

Les signataires témoignent de leur engagement et des motivations qui les ont conduits à lancer cet appel pour nos montagnes.
Retrouvez ci-dessous leurs témoignages écrits et/ou vidéos !

Paul ARIES

Écrivain

« La montagne est aujourd’hui un terrain d’exploration du capitalisme vert. Si nous perdons ce combat pour défendre la montagne et ses habitants, nous perdrons beaucoup d’autres combats nécessaires pour assurer le bien vivre à tous. »

Laurent CHAPPIS

Architecte Urbaniste

« Ouvrir les champs du possible », d’accord, mais quels sont-ils ?

Ma longue expérience sur les problèmes que pose l’aménagement de la montagne m’a conduit aux réflexions suivantes :
Il n’est pas positif, donc productif, d’être nostalgique d’une montagne que j’ai connue à une époque antérieure ? Le regret du passé et le simple espoir d’un avenir plus conforme à mes souhaits ne mobilise personne.

Seule une proposition concrète, passionnée, voire provocatrice, peut répondre à la question que tous les responsables dans le domaine de l’avenir de la montagne se posent : « que faire ? ».
Ce genre de proposition peut déclencher des réactions , positives ou non, de la part des responsables politiques, élus seuls décideurs à tous les niveaux de responsabilité, importants responsables administratifs, techniques, financiers qui sont concernés par l’aménagement du territoire et médias indispensables pour diffuser nos revendications, car il s’agit bien de cela.

J’ai personnellement fait différentes propositions dont deux, au moins, me paraissant pouvoir de suite être mises en discussion :
– Au niveau national, la création d’un « Conservatoire de la montagne » identique à celui du Conservatoire du littoral.
– Au niveau européen, la création d’un Parc (ou Espace) international des Alpes européennes.
Ces deux propositions permettraient d’avoir accès à un financement d’études au niveau national, et surtout européen.
Par l’intermédiaire d’une « lettre ouverte » à tous les responsables du devenir de la montagne (expérience personnelle fructueuse), on pourrait déclencher des réactions en chaîne.

Je souhaite vivement que de nombreuses autres propositions concrètes soient émises par d’autres amoureux de la montagne. En mobilisant les énergies bénévoles, on pourrait peut-être faire sortir de leur torpeur les responsables politiques peu enclins à contrarier certains électeurs qui tirent profit de leur laxisme.

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Isabelle AUTISSIER

Navigatrice et Présidente de WWF France

« […] mer et montagne [sont des] milieux dans lesquels l’homme peut exercer des stratégies, exister à la condition qu’il regarde ce qui se passe, qu’il comprenne ce qui se passe et adapte sa stratégie au milieu naturel et non l’inverse…L’idée qui relie cet appel à ce que je fais dans le milieu marin au WWF c’est qu’en investissant dans la nature, j’investis dans l’avenir. Les endroits où l’on aura su, pu, préserver le capital de ressources d’eau, d’air, de biodiversité, ce sont les endroits qui seront à même de faire face aux défis de demain […].
La planète n’est plus comme avant, elle ne sera jamais plus comme avant, il faut trouver le moyen d’être en association et en co-évolution avec le milieu dans lequel on est. On ne va pas continuer à se développer avec le modèle qu’on a aujourd’hui. Tous les endroits préservés nous donnent de vraies armes et si l’on n’est pas capable de comprendre cela, on insulte l’avenir. »

Stéphanie BODET

Grimpeuse-Alpiniste, Championne du monde de bloc en 1999

Alain BOULOGNE

Président de CIPRA France

« La montagne est un espace fragile, un espace qui doit intégrer la finitude de la planète. On doit cependant constater aujourd’hui que la finitude de la planète n’a pas touché le monde de la montagne. Cette montagne continue à s’équiper alors qu’elle devrait être la première à montrer l’exemple et à dire « nous cherchons notre point d’équilibre, pour que l’économie puisse se faire, la montagne être préservée, et que les habitants puissent continuer à y vivre ». Mais ce point d’équilibre n’est pas aujourd’hui recherché, et donc pas trouvé. »

Philippe CLAUDEL

Ecrivain & Réalisateur

« Les êtres n’ont pas le monopole de la fragilité, les milieux naturels le sont aussi et il convient de les ausculter, de les soigner, de les guérir quand ils sont souffrants comme les grands vivants qu’ils sont. En ces temps de grande incertitude écologique, économique et humaine, la montagne peut se lire et se vivre comme un espace d’appel, de rêve, de sérénité et d’enseignement. Afin de bénéficier de tout ce qu’elle peut offrir aux hommes, il est nécessaire que ces derniers prennent la mesure de son importance et soit à son écoute. Les dons sont toujours mutuels. L’attention est une valeur réciproque. La montagne est là dans nos vies comme un espace du possible, comme un miroir, comme un joyau. Il importe d’en être conscient. »

Claude COMET

Conseillère régionale Rhône Alpes en charge de la montagne et du tourisme

« Cet appel, c’est comme le mouvement des Indignés. Il y a un moment où l’on dit « stop ! », stop à ce qui se passe autour de nous, qui ne nous va plus, et surtout qui nie l’idée même de la montagne, et de ce qu’elle peut nous apporter comme force de ressourcement, je ne dirais pas de « spiritualité », mais il y a quelque chose comme ça, comme un équilibre, et c’est ce qui me fait vivre moi. »

« Les signataires se sont retrouvés tous ensemble dans un mouvement très profond pour dire : nous avons cette montagne au cœur. »

Jean-Pierre COURTIN

Ingénieur forestier, ancien directeur du PNR Vercors

« Ma main n’a plus prise, le monde m’échappe, je peine à le penser, je perds confiance. Alors la montagne s’offre à mon expérience; de liberté, de volonté, de responsabilité. On ne triche pas avec la montagne, elle m’oblige, elle me rappelle à l’autonomie, à l’invention; elle me délivre, et ma main à nouveau peut saisir le monde. »

Philippe DESCAMPS

Journaliste & secrétaire général de la Fondation Petzl

« La montagne dans ce qu’elle a de plus fort, et parfois de plus rude, a permis à beaucoup d’entre nous de trouver un surcroît de vie et un équilibre. Pour nos enfants et les générations qui viendront, nous avons l’immense responsabilité de mettre fin à la banalisation du monde. L’enjeu est de rendre toujours possibles la découverte et l’expérience d’une montagne ayant encore du sens. »

Christian DUPRAZ

Représentant de l’Union nationale des associations de tourisme au comité de massif des Alpes

« Les pratiques de montagne sont porteuses de valeurs à développer auprès des jeunes. »

« L’analyse qu’on fait en tant que membre de la commission UTN, c’est qu’on a aujourd’hui le besoin de se poser les bonnes questions sur le développement. Sans interdire cette notion de développement pour demain, il faut revoir le modèle sur lequel il est aujourd’hui monté. »

Nicolas FAVRESSE

Alpiniste, Piolet d’Or 2011

« La « sauvageté » de la montagne nous donne une perspective sur le monde. Aller dans des endroits où il n’y a pas d’impact humain, ça te remet à ta place. Tu te sens tout petit, ça te donne la chair de poule. »

Eric FOURNIER

Maire de Chamonix

« Ici, à Chamonix, un peu plus rapidement qu’ailleurs, les mécanismes de pressions, et je ne parle pas uniquement de pression environnementale, mais aussi de pression foncière, immobilière, sociale, se cristallisent plus vite qu’ailleurs. Et donc, il nous appartient de faire en sorte de reprendre en main notre destin.
On a un modèle absolument fabuleux à inventer, on a, aux pieds de ces montagnes extraordinaires, une communauté humaine forte. Il faut qu’on montre qu’on sait concilier les deux. Et ça, c’est un travail, un challenge, extraordinaire, avec les crises auxquelles nous sommes confrontés. Mais ces crises auront pour mérite de nous faire bouger, de nous provoquer, et de nous faire construire peut-être un peu plus vite les modèles qui seront nécessaires. »

Patrick GABARROU

Guide de haute montagne

« On a retiré complètement la dimension poétique de la montagne. On se retrouve dans une sorte d’immense hypermarché de la neige, où il n’y a pas de place pour le rêve, plus la place pour la poésie… […] Ce qui fait profondément l’attrait de la montagne, ce qui peut apporter à l’être, à celui qui la découvre, de manière très, très simple, c’est autre chose.
Et je voudrais que cet autre chose soit vraiment remis sur le devant de la scène, que l’on puisse aborder la problématique du développement de la montagne non pas seulement par le petit œilleton des remontées mécaniques, de l’argent facile, mais à travers toute la montagne, de toutes les façons dont on peut aborder ce monde, ce que ça peut apporter de précieux, de fondamental, mais d’obligatoire, de nécessaire pour l’homme. »

Joël GIRAUD

Député-Maire de l’Argentière-la-Bessée (05)

« Quand on a envie d’innover, parce que de toute façon la vie ne vous laisse pas le choix —dans une commune comme l’Argentière, c’était soit ne pas innover et disparaître, soit innover et tenter un nouvel avenir―, il faut se sentir solidaires avec d’autres collectivités qui ont les mêmes préoccupations.? Le réseau Alliance dans les Alpes correspond vraiment à ça. Sur notre territoire, nous essayons tous les jours de réinventer notre avenir, et le réseau correspond à cette préoccupation : essayer de faire à l’échelle d’une vallée une Convention Alpine qui fonctionne aussi bien que possible, c’est à dire avec des initiatives locales qui sont consenties par les habitants et avec une économie nouvelle qui est en train de naître. »

Pierre LENA

Académicien des sciences

« J’ai habité, au sens propre, beaucoup de très hautes montagnes du globe sur lesquelles sont installés des observatoires, avec des moments extraordinaires, de longues nuits passées avec cette espèce de communion avec le ciel que seule la haute montagne peut procurer, le soleil le jour , mais surtout les étoiles la nuit […]
On ne sauve pas la montagne pour la beauté de ses paysages, on la sauve parce qu’elle fait partie de ces expériences humaines fondamentales. Il y en a d’autres, la jungle, la mer, des déserts aussi avec Charles de Foucault qui nous a transmis des mots exceptionnels, le ciel avec Saint-Exupéry dans « Vol de nuit », tous ces moments d’expériences intimes du rapport de l’homme à la nature sont des éléments essentiels de la construction de chacun. »

Philippe MEIRIEU

Vice-président Région Rhône Alpes & Professeur d’université

« [la montagne] rend possible le retour sur soi par la contemplation du monde. Elle permet d’accéder à la sérénité en assumant l’inévitable tumulte. Elle ouvre les horizons et offre des lieux où se replier pour pouvoir mieux se déployer. Elle enseigne aux petits d’hommes comment devenir des petits hommes. Ce n’est pas seulement un fabuleux terrain d’aventures, un espace d’observation, un cadre où développer des activités possibles nulle part ailleurs… c’est un univers fabuleux pour permettre à l’humain de révéler son humanité. »

Marco ONIDA

Secrétariat Permanent de la Convention Alpine

« La Convention alpine espère vivement que cet appel permette la prise de conscience par tous d’une nécessité d’une nouvelle forme d’appropriation de la Montagne par ses habitants, que ce soit à travers les difficultés mais aussi les opportunités que les territoires sur lesquels ils vivent leur proposent. »

Arnaud PETIT

Guide de haute montagne et champion du monde d’escalade (1996)

Paul PETZL

Président de la Fondation PETZL

« C’est un nouveau mouvement, fédérateur, qui n’est pas forcément agressif, qui ne va pas contre, mais qui va essayer d’initier des rencontres intelligentes entre les décisionnaires et les actions que nous menons. »

Isabelle SUSINI

Responsable Environnement de Patagonia Europe

« Aujourd’hui, c’est ce qu’on vit : tout autour de nous, on voit toujours plus de béton, plus d’artificialisation. Un jour ou l’autre, il faut s’arrêter. Il faut arrêter de toujours vouloir plus, vouloir plus consommer, plus artificialiser. C’est pourquoi j’ai signé au nom de Patagonia l’Appel pour nos montagnes. »

Rémi THIVEL

« Pratiquant amateur & guide de haute montagne à temps plein »

« Je m’inquiète de la réduction des espaces sauvages et gratuits, avec l’élargissement des domaines skiables et l’emprise grandissante du tourisme de luxe en montagne (héliski, visites en hélico, 4X4, quad, augmentation du coût de la vie dans les vallées de montagne dûe à ce tourisme). »

« Il est de plus en plus difficile de faire découvrir la montagne à des jeunes : barrières réglementaires inadaptées et coût de plus en plus prohibitif des refuges, transports, etc. »

François VIRET

Guide de haute montagne

« Je rentre du Népal et ce qui m’a frappé en observant ces peuples des hautes vallées est que malgré leur condition de vie pour le moins rustique et sommaire, il se dégage une sérénité sur leur visage, une justesse que nous n’avons plus depuis longtemps. Bien sûr il ne faut pas idéaliser leur vie, elle est et c’est tout, et ce n’est pas la nôtre. Cependant, peut-être que si l’on prend le temps de se laisser pénétrer par leur montagne, on comprend mieux ce que veut dire vivre en montagne à tel point qu’ils en font partie intégrante. Que serait l’Himalaya sans ses peuples? »

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